Chute de cheveux après l’été : phénomène saisonnier ou alopécie à explorer ?
Chute de cheveux après l’été : phénomène saisonnier ou alopécie à explorer ?
Publié le 25 août 2026
Modifié le 15 juillet 2026
Dermatologie Esthétique
Chute de cheveux après l’été : reconnaître une chute diffuse, repérer les signes d’alopécie et comprendre pourquoi le diagnostic précède le PRP.
Au retour des vacances, davantage de cheveux dans la douche ou sur la brosse peut faire penser à une « chute d’automne ». Une variation saisonnière du cycle pilaire a bien été observée, mais cette explication ne suffit pas à elle seule. Une maladie récente, un accouchement, un changement de traitement, une restriction alimentaire ou le début d’une alopécie peuvent se manifester au même moment.
La bonne question n’est donc pas seulement de savoir combien de cheveux tombent. Il faut préciser depuis quand, selon quelle répartition, avec quels symptômes et si la densité se modifie. Ce diagnostic précède tout acte injectable, y compris un PRP.
En bref
Une variation saisonnière de la chute existe, mais les données disponibles ne permettent pas d’expliquer chaque chute post-estivale.
Un effluvium télogène donne plutôt une chute diffuse, souvent décalée par rapport à un événement déclencheur.
Une raie qui s’élargit, des tempes qui se dégarnissent ou des plaques nettes orientent vers d’autres diagnostics.
Douleur, brûlure, démangeaisons intenses, croûtes ou zones lisses et brillantes nécessitent un examen dermatologique rapide.
Le PRP a surtout été étudié dans l’alopécie androgénétique ; il ne constitue ni un test diagnostic ni une réponse universelle.
Existe-t-il vraiment une chute saisonnière des cheveux ?
Le cheveu suit un cycle : croissance, transition, repos puis chute. Tous les follicules ne se trouvent pas dans la même phase au même moment, ce qui permet normalement de conserver une couverture relativement stable.
Une étude rétrospective menée chez des femmes consultant pour une chute a observé une variation annuelle, avec davantage de cheveux en phase de repos pendant l’été. Ce résultat rend plausible une majoration de la chute à la fin de l’été ou au début de l’automne. Il ne prouve pas que toute perte de cheveux à cette période soit physiologique : la population consultait déjà pour ce motif et l’étude ne permet pas de prédire l’évolution d’une personne.
Le mot « saisonnier » doit donc rester une hypothèse de contexte. Si la chute persiste, modifie visiblement la densité ou présente une répartition inhabituelle, il faut rechercher une autre explication.
Le cycle pilaire explique qu'un déclencheur et la chute visible puissent être décalés dans le temps.
Chute, casse ou raréfaction : de quoi parle-t-on ?
Une chute correspond à des cheveux qui se détachent depuis le follicule. Une casse concerne la tige : les cheveux rompent à des hauteurs différentes, notamment après chaleur, décolorations, défrisages, frottements ou coiffures très serrées. Une raréfaction progressive peut survenir sans épisode spectaculaire de cheveux « par poignées ».
Ces phénomènes peuvent coexister. Une personne peut présenter une casse après l’été et une alopécie androgénétique débutante, ou un effluvium télogène qui rend soudainement visible une diminution de densité jusque-là discrète.
Chute après l’été : quels profils distinguer ?
Profil possible
Présentation fréquente
Point de vigilance
Variation saisonnière ou effluvium télogène
Chute diffuse sur l’ensemble du cuir chevelu, remarquée au lavage ou au brossage
Rechercher un événement déclencheur et vérifier l’évolution de la densité
Alopécie androgénétique
Affinement progressif, raie qui s’élargit, sommet ou golfes plus visibles
Peut coexister avec une chute diffuse et devenir plus apparente après celle-ci
Alopécie en plaques
Zone nettement délimitée, parfois atteinte des sourcils, cils ou autres poils
Nécessite un diagnostic avant tout traitement esthétique
Alopécie inflammatoire ou cicatricielle
Douleur, brûlure, démangeaisons, squames, croûtes, pustules ou peau lisse et brillante
Consulter rapidement afin de préserver les follicules encore présents
Casse de la fibre
Cheveux de longueurs inégales, fragiles, sans chute complète depuis la racine
Revoir les gestes, la chaleur, les produits chimiques et les tractions
Ce tableau donne des repères, pas un diagnostic. La répartition et l’examen du cuir chevelu comptent davantage que le volume de cheveux observé un jour donné.
Qu’est-ce qu’un effluvium télogène ?
L’effluvium télogène est une chute diffuse non cicatricielle. Un événement perturbe le cycle de nombreux follicules, puis la chute devient visible avec un décalage. Le déclencheur peut donc précéder de plusieurs semaines ou mois le moment où les cheveux tombent davantage.
Parmi les contextes classiques figurent une maladie avec fièvre, une intervention, un accouchement, une perte de poids marquée, une alimentation très restrictive, un événement éprouvant, une maladie du cuir chevelu ou la modification d’un médicament ou d’un traitement hormonal. Parfois, aucune cause claire n’est retrouvée.
Il ne faut pas arrêter seul un traitement suspecté. Le prescripteur vérifie la chronologie, le bénéfice du médicament et les alternatives éventuelles. De même, attribuer automatiquement la chute au stress peut retarder la recherche d’une cause associée.
Quand penser à une alopécie androgénétique ?
L’alopécie androgénétique évolue progressivement sous l’effet d’une prédisposition des follicules. Chez certaines femmes, la raie centrale s’élargit et le dessus du crâne se clairseme alors que la bordure frontale reste relativement conservée. Chez certains hommes, le recul des golfes et la raréfaction du sommet sont plus visibles. Ces répartitions ne sont pas absolument réservées à un sexe.
Une chute diffuse peut révéler une alopécie déjà présente. Lorsque de nombreux cheveux tombent en même temps, la différence de calibre entre follicules devient plus facile à voir. Cela explique pourquoi l’étiquette « saisonnière » ne doit pas empêcher d’examiner la densité et la miniaturisation.
La page « Je perds mes cheveux » présente les principaux motifs de consultation. Seul un examen permet cependant de différencier effluvium, alopécie androgénétique, pelade, traction, infection ou forme cicatricielle.
Comment se déroule le bilan d’une chute de cheveux ?
Le médecin reprend la date de début, le caractère brutal ou progressif, la répartition, les antécédents familiaux, les grossesses, les maladies récentes, l’alimentation, les traitements et les pratiques de coiffure. Il demande aussi si les sourcils, les cils ou d’autres zones sont concernés.
L’examen recherche une diminution diffuse, des plaques, une variation du diamètre des cheveux, une inflammation, des squames, des pustules ou une disparition des orifices folliculaires. La dermoscopie du cuir chevelu peut aider à préciser ces signes. Un test de traction ou des photographies standardisées peuvent documenter l’activité et l’évolution sans remplacer le diagnostic.
Un bilan biologique n’est pas systématique pour toutes les chutes. Il est orienté par l’histoire et l’examen, notamment lorsqu’une carence, une anomalie thyroïdienne, un contexte hormonal ou une autre maladie sont plausibles. Une biopsie du cuir chevelu est réservée à certaines situations où le diagnostic reste incertain ou une alopécie cicatricielle est suspectée.
L'examen du cuir chevelu et de la répartition de la chute précède toute discussion d'un PRP.
Pourquoi le diagnostic doit-il précéder un PRP ?
Le plasma riche en plaquettes est préparé à partir du sang de la personne puis injecté dans le cuir chevelu. Le caractère autologue ne transforme pas ce geste en soin anodin. Il implique des injections, une information sur les risques et une sélection de l’indication.
Les études concernent surtout l’alopécie androgénétique. Certaines revues rapportent un signal possible sur la densité capillaire, mais soulignent aussi la faible qualité globale des preuves, le risque de biais et l’hétérogénéité des préparations, des méthodes et des critères mesurés. Ces résultats ne permettent pas d’extrapoler le PRP à toute chute diffuse ni d’annoncer une réponse individuelle.
Un effluvium télogène peut s’améliorer lorsque le cycle se normalise et que le facteur déclenchant est corrigé. Une pelade, une infection ou une alopécie cicatricielle appellent une autre stratégie. Injecter sans nommer la cause peut donc ajouter un acte sans traiter la priorité médicale.
La page PRP décrit la technique proposée au Centre Trémoille. Sa pertinence, ses limites et ses modalités doivent être discutées après l’examen, sans calendrier universel ni promesse de repousse.
Compléments et shampoings : faut-il agir tout de suite ?
L’inquiétude conduit souvent à multiplier compléments, lotions et shampoings « antichute ». Un shampoing nettoie le cuir chevelu et peut améliorer l’aspect de la fibre, mais il ne corrige pas à lui seul les différentes causes d’alopécie. Le lavage fait surtout tomber les cheveux qui étaient déjà arrivés au terme de leur cycle ; il ne faut pas espacer excessivement les shampoings par peur de voir la chute.
Les compléments ne remplacent pas la recherche d’une carence. En prendre plusieurs sans indication peut être inutile et compliquer l’interprétation d’un bilan. L’alimentation et les symptômes guident une éventuelle supplémentation.
Dans l’attente d’un avis, il est raisonnable d’éviter les tractions douloureuses, la chaleur très proche du cuir chevelu et les procédés chimiques agressifs. Ces mesures limitent la casse et l’irritation sans prétendre traiter une alopécie.
Quels signes justifient une consultation rapide ?
Une perte en plaques, une extension rapide, une atteinte des sourcils ou des cils, une douleur, une brûlure, des démangeaisons intenses, des croûtes, des pustules ou un écoulement doivent conduire à un examen. Une zone lisse et brillante peut traduire la destruction de follicules ; agir tôt est alors important pour préserver ceux qui restent.
Une chute associée à une fatigue marquée, une perte de poids inexpliquée, des troubles des règles, des signes hormonaux ou une maladie récente mérite également un bilan. Ces éléments ne désignent pas une cause unique, mais empêchent de réduire la situation à la saison.
Une chute de cheveux isolée est rarement une urgence vitale. Elle peut néanmoins avoir un retentissement psychologique important et certaines formes inflammatoires nécessitent une prise en charge sans attendre plusieurs mois d’autosurveillance.
Questions fréquentes
Une chute en septembre est-elle forcément saisonnière ?
Non. La saisonnalité est plausible, mais une chute post-estivale peut coïncider avec un effluvium déclenché auparavant ou révéler une autre alopécie.
Le petit bulbe clair au bout du cheveu signifie-t-il que la racine est morte ?
Non. Un cheveu en fin de cycle peut tomber avec une extrémité kératinisée. Le follicule reste dans la peau et peut produire un nouveau cheveu selon sa situation.
Se laver les cheveux accélère-t-il la chute ?
Le lavage libère surtout des cheveux déjà détachés. Un shampoing adapté et un geste doux n’aggravent pas un effluvium ; frotter fortement ou manipuler une fibre fragilisée peut en revanche favoriser la casse.
Faut-il commencer un PRP dès que la chute augmente ?
Non. Il faut d’abord identifier le type de chute, rechercher les signes inflammatoires et discuter les options dont les preuves correspondent au diagnostic posé.
Un complément alimentaire est-il utile dans tous les cas ?
Non. Une supplémentation se discute en fonction de l’alimentation, des symptômes et d’un déficit documenté ou fortement suspecté. Elle n’est pas un traitement universel de la chute saisonnière.
Prendre rendez-vous
Une consultation au Centre Trémoille, Paris 8, permet d’examiner le cuir chevelu, de préciser le type de chute et de décider si la priorité est un bilan, un traitement médical, une surveillance ou la discussion d’un PRP.
Ce contenu fournit des repères généraux et ne permet pas de diagnosticr une alopécie. N’arrêtez pas un traitement prescrit et ne commencez pas un acte injectable sans évaluation médicale.
Sources
British Association of Dermatologists. Telogen effluvium. Fiche patient mise à jour en 2025.
Le Centre Trémoille Paris regroupe divers médecins et chirurgiens esthétiques. Nos spécialistes vous renseignent sur les dernières actualités de ces domaines.
Les informations contenues sur ce site ont une visée informative et ne se substituent pas à une consultation médicale personnalisée. Conformément au Code de la Santé Publique (art. R.4127-19), les résultats présentés sont indicatifs et peuvent varier. Consultation préalable obligatoire avant tout acte. Centre Esthétique Trémoille — 20 rue de la Trémoille, 75008 Paris.
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