Acrochordons : ces petites excroissances du cou et des aisselles

Publié le 20 octobre 2026 Modifié le 27 octobre 2026

Dermatologie Esthétique

Acrochordon : petite excroissance bénigne du cou ou des aisselles. Causes, lésions à ne pas confondre, retrait en consultation et limites.

Épaule et clavicule d’une personne en lumière douce, peau nette et texture naturelle

Un petit relief mou apparaît sur le côté du cou. On le sent quand la chaîne d’un collier accroche, quand le col frotte ou quand on se sèche après la douche. Avec le temps, d’autres s’ajoutent parfois dans les plis, aux aisselles ou sous la poitrine.

On les appelle acrochordons, ou molluscum pendulum dans le langage médical, et plus simplement « fibromes mous » ou « petites peaux ». Ils sont très courants et presque toujours bénins. Ils gênent surtout par leur aspect et par les frottements.

La question est rarement de savoir s’ils sont dangereux. Elle est de les reconnaître avec certitude, de comprendre pourquoi ils apparaissent et de savoir quand les faire retirer.

En bref

  • Un acrochordon est une petite excroissance de peau molle, bénigne, reliée à la surface par un pied fin ; il siège surtout dans les zones de frottement comme le cou et les aisselles.
  • Les frottements, le surpoids, la grossesse, une résistance à l’insuline et l’âge favorisent leur apparition.
  • Une verrue, un nævus pédiculé ou une kératose séborrhéique peuvent ressembler à un acrochordon et demandent un œil exercé.
  • Il ne faut ni les arracher, ni les couper, ni les ligaturer soi-même : infection, saignement et cicatrice sont possibles.
  • Le retrait en consultation est simple, mais il ne protège pas contre l’apparition de nouveaux acrochordons.

À quoi ressemble un acrochordon ?

Il s’agit d’une petite lésion souple, de la couleur de la peau ou un peu plus foncée, qui pend ou se détache légèrement du relief. Selon le NHS, sa taille va de très petite à plus importante, et il se forme souvent là où la peau frotte contre la peau ou contre un vêtement. Les endroits les plus fréquents sont le cou, les aisselles, les paupières, le pli sous la poitrine et les plis de l’aine.

Il ne fait pas mal. Il peut en revanche s’irriter, saigner ou se tordre s’il est accroché par un bijou ou un vêtement. Une torsion complète peut le rendre douloureux et noirâtre, ce qui justifie un avis.

Le nom médical décrit simplement cet aspect : un molluscum « pendulum », suspendu à la peau par son pédicule.

Pourquoi apparaissent-ils ?

La cause exacte n’est pas toujours connue. DermNet et le NHS évoquent d’abord les frottements répétés, puis un terrain favorisant : surpoids, plis cutanés qui se touchent, diabète de type 2, grossesse. Une prédisposition familiale est possible.

Le lien avec l’insuline mérite d’être expliqué. Une revue publiée en 2012 dans les Anais Brasileiros de Dermatologia rapporte que les acrochordons, comme l’acanthosis nigricans, peuvent constituer un signe facilement repérable de résistance à l’insuline. Leur présence ne prouve donc rien à elle seule, mais un nombre inhabituel d’acrochordons, surtout avec une peau foncée et veloutée dans les plis, justifie d’en parler à un médecin.

Mains gantées tenant une loupe au-dessus de la peau de l’épaule, lumière d’examen
L’examen à la loupe ou au dermatoscope permet de reconnaître la nature d’une lésion.

La grossesse change les hormones et la circulation, ce qui peut en faire apparaître. L’âge joue aussi, car la peau se détend et frotte davantage.

Le poids et les plis : que faut-il en retenir ?

Le surpoids augmente les zones de frottement et la résistance à l’insuline, deux facteurs cités par le NHS et DermNet. Pour autant, les acrochordons touchent aussi des personnes minces, et leur présence ne dit rien du mode de vie.

Le propos n’est jamais de culpabiliser. Si les lésions sont nombreuses ou associées à d’autres signes, le médecin peut proposer un bilan simple. Il s’agit alors de comprendre le terrain, et non de juger.

Ce qu’il ne faut pas confondre avec un acrochordon

Certaines lésions ressemblent à un acrochordon, mais demandent une autre prise en charge. DermNet cite parmi les diagnostics différentiels les kératoses séborrhéiques, les verrues virales et le molluscum contagiosum.

Lésion Aspect habituel Ce qui oriente
Acrochordon Petite lésion molle, couleur de la peau ou brunâtre, pédiculée Zones de frottement, surface lisse, consistance souple
Verrue Surface rugueuse ou granuleuse, parfois avec de petits points noirs Surface irrégulière, aspect kératinisé, contagiosité possible
Nævus pédiculé Grain de beauté en relief, parfois attaché par un pied Pigment, ancienneté, tout changement doit faire examiner la lésion
Kératose séborrhéique Lésion « posée » sur la peau, cireuse ou verruqueuse, brune à noire Aspect collé, surface irrégulière, dermoscopie utile

Une lésion pigmentée qui change, saigne ou se distingue des autres ne se retire pas par simple commodité. Elle est examinée d’abord, et envoyée à l’analyse si un doute persiste. L’article sur l’ablation d’un grain de beauté détaille ce parcours.

Pourquoi ne pas les arracher soi-même ?

Les conseils de retrait à domicile circulent beaucoup, avec un fil noué à la base ou des ciseaux. Le NHS déconseille de les retirer soi-même, sauf avis d’un médecin, en raison des risques d’infection, de saignement et de cicatrice.

Les acrochordons les plus volumineux peuvent saigner davantage qu’on ne le pense. Une lésion mal identifiée risque aussi d’être traitée sans diagnostic. Enfin, un geste sur une peau fragile du cou ou des paupières laisse plus facilement une marque.

Les produits vendus pour « brûler » ou « dissoudre » les acrochordons ne sont pas plus sûrs. Ils peuvent irriter la peau saine autour et laisser une tache.

Comment sont-ils retirés en consultation ?

Le médecin commence par examiner la lésion, parfois avec un dermatoscope, pour s’assurer qu’il s’agit bien d’un acrochordon. Il choisit ensuite la méthode selon la taille, le siège et la peau.

Selon le NHS et DermNet, les techniques les plus courantes sont le froid, la chaleur (électrocoagulation) et l’excision à la lame ou aux ciseaux. La ligature de la base est parfois citée. Une anesthésie locale peut être proposée selon le cas, et la zone est ensuite protégée jusqu’à cicatrisation.

Une étude publiée en 2020 dans le Journal of Clinical and Aesthetic Dermatology, menée sur un petit groupe de patients, a comparé trois solutions utilisées pour arrêter le saignement après une excision d’acrochordons du cou et des aisselles. Elle note des différences de douleur à l’application et de modifications de la pigmentation selon la solution. Elle montre surtout que la technique de fin de geste compte, au-delà du retrait lui-même.

Plateau stérile avec compresses, pince en sachet et loupe sur travertin
Le retrait d’un acrochordon se fait en consultation, après avoir confirmé la nature de la lésion.

Le choix revient à celui qui pratique le geste : la méthode, le nombre de lésions retirées en une fois et le calendrier sont déterminés en consultation. Pour la place de ces gestes dans le parcours de soin, voir l’article sur la chirurgie dermatologique à Paris.

Que se passe-t-il après le retrait ?

Une petite plaie se forme et cicatrise rapidement. Elle demande des soins simples, un pansement si nécessaire et l’évitement des frottements. Le soleil sur la zone fraîchement cicatrisée est à éviter.

Le NHS note que le retrait provoque rarement une repousse au même endroit, mais qu’il peut laisser une cicatrice ou un assombrissement, parfois durable, surtout sur les peaux brunes ou noires. La couleur de la peau et le siège pèsent donc dans la décision.

Les nouvelles lésions, elles, peuvent apparaître ailleurs si le terrain persiste.

Comment limiter les frottements au quotidien ?

On ne peut pas empêcher complètement les acrochordons d’apparaître, comme le rappelle le NHS. On peut toutefois réduire ce qui irrite les plis.

  • choisir des bijoux qui ne tirent pas sur la peau et les retirer s’ils irritent ;
  • éviter les cols et les bretelles qui frottent toujours au même endroit ;
  • sécher soigneusement les plis après la douche, sans frotter ;
  • hydrater la peau avec un soin doux, sans parfum.

Ces gestes protègent le confort de la peau et diminuent les irritations. Ils n’empêchent pas de façon certaine l’apparition de nouvelles lésions.

Quand faut-il consulter plutôt qu’attendre ?

Un avis est utile dans plusieurs situations.

  • une lésion qui grossit, change de couleur, saigne sans raison ou devient douloureuse ;
  • une apparition soudaine de nombreux acrochordons ;
  • une lésion pigmentée, irrégulière ou différente des autres ;
  • un acrochordon sur la paupière ou près de l’œil ;
  • des plis foncés et veloutés qui s’ajoutent aux petites excroissances.

Le parcours de dermatologie du Centre Trémoille permet de poser le diagnostic avant tout geste.

Ce que le retrait ne fait pas

Retirer un acrochordon n’empêche pas d’autres de se former. Le retrait traite la lésion, pas le terrain qui l’a favorisée : frottements, poids, résistance à l’insuline ou hormones. Aucune méthode ne peut promettre qu’il n’en reviendra jamais.

Le geste n’est pas non plus indiqué sans diagnostic, sur une lésion inflammatoire ou infectée, ni sur une peau sujette aux cicatrices épaisses sans précaution. Quand l’acrochordon ne gêne pas, ne s’irrite pas et ne préoccupe pas, ne rien faire est une option tout à fait raisonnable.

Questions fréquentes

Les acrochordons sont-ils dangereux ?

Non, ils sont bénins et ne sont pas, en eux-mêmes, un signe de cancer. Ils peuvent s’irriter, saigner ou se tordre. Le seul vrai risque est de confondre une autre lésion avec un acrochordon, d’où l’intérêt d’un examen par un professionnel avant tout retrait.

Un acrochordon peut-il tomber tout seul ?

Cela arrive parfois, surtout s’il se tord et perd son apport de sang. Il devient alors noirâtre et peut se détacher. Ce n’est pas une méthode à provoquer : en cas de douleur ou de couleur inhabituelle, montrez-le à un médecin.

Faut-il s’inquiéter si j’en ai beaucoup ?

Pas nécessairement, mais un nombre élevé de lésions, surtout avec une peau foncée et veloutée dans les plis, justifie d’en parler à un médecin. Il peut s’agir d’un signe de résistance à l’insuline. Le médecin décide d’un bilan selon le contexte.

Les acrochordons reviennent-ils après le retrait ?

Au même endroit, c’est rare, selon le NHS. D’autres peuvent en revanche se former ailleurs si le terrain ou les frottements persistent. Limiter les frottements et suivre les conseils médicaux sur le terrain aide à espacer les apparitions, sans les empêcher.

Le retrait laisse-t-il une cicatrice ?

Il peut laisser une petite marque ou une zone plus claire ou plus foncée, surtout sur les peaux foncées. Le risque dépend de la méthode, du siège et de la peau. Il est évalué à l’examen, avant de décider du geste.

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Prendre rendez-vous

Si un acrochordon vous gêne, s’irrite ou vous laisse un doute, prenez rendez-vous pour un examen au Centre Trémoille, Paris 8. L’évaluation précède toute décision de retrait.

Ce contenu informe sur les acrochordons sans permettre de poser un diagnostic. Une lésion qui grossit, change de couleur, saigne ou devient douloureuse doit être montrée à un professionnel de santé avant tout geste.

Sources

  1. NHS. Skin tags.
  2. DermNet. Skin tag.
  3. DermNet. Seborrhoeic keratosis.
  4. NHS. Acanthosis nigricans.
  5. PubMed, Anais Brasileiros de Dermatologia (2012). Barbato MT et al. Association of acanthosis nigricans and skin tags with insulin resistance.
  6. PubMed, Journal of Clinical and Aesthetic Dermatology (2020). Coakley A et al. A comparison of ferric subsulfate solution, silver nitrate, and aluminum chloride for pain assessment, time to hemostasis, and cosmesis in acrochordon snip excision.
Portrait de l’équipe du Centre Trémoille

Article rédigé par le Centre Trémoille

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